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Parfum insolite des gares,
Merveilleuses et tragiques
Animées dès l'aube
proche
Habitées des empreintes
Des voyageurs de la veille
Et des amours éternels.
Monuments au dallage uniforme et
morose,
Sur lequel des valises se
reposent.
Par des voyageurs en retard
traversés.
Rencontre du hasard, des idées
enfumées,
Un monde trop pressé pour jeter un
regard,
Dans le miroir d'une gare.
Le rêve éveillé du
poète immobile
Attiré par la fuite des
passantes,
Aux regards absents et lointains.
Aux formes devinées,
dénudées,
Sous leurs robes
bousculées
Par la dance de leurs hanches
balancées;
Traversant les halls
encombrés
De clochards oubliés.
Les ombres glacées des poteaux
d'acier
Qui projetent leurs jambes
longues,
Sur des rives grises et froides.
Ecrasent les petits hommes bleus
Qui flânent sur les quais,
étroits
Eclairés par des
réverbères alignés
Comme des soldats immobiles.
Et les trains qui les longent,
Infiniment prolongent
Dans la beauté lunaire
Et la brume de verre.
Dévorés par le gris de
satin
Deux points rouges carmin
Disparaissent au bout de sa main,
Pour n'être plus qu'un
rêve.
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